Environnement et économie en tension — Liste de lecture sur la croissance, la durabilité et le découplage | Demain

L'économie peut-elle croître de manière écologiquement responsable ?

Un économiste en chef de la Confédération et une professeure d’économie de l’environnement échangent leurs positions — au format de débat contradictoire classique. Le magazine permet aux deux positions de coexister.

L'économie peut-elle croître de manière écologiquement responsable ? Eric Scheidegger / Irmi Seidl, Die Volkswirtschaft · 2024 · Interview Artikel lesen →

Déclarations clés

Croissance et environnement peuvent être découplés — dit l’un. Eric Scheidegger pointe la Suisse : l’économie a grandi, les émissions de gaz à effet de serre ont baissé. C’est ce qu’on appelle découplageLa croissance économique et la consommation de ressources ne se développent plus en parallèle — l'économie croît, les dégâts écologiques n'augmentent pas au même rythme. . Son argument : la politique environnementale et les mécanismes du marché fonctionnent si on les utilise correctement.

Les gains d’efficacité s’évaporent — dit l’autre. Irmi Seidl rétorque : celui qui produit plus efficacement ne consomme pas moins, mais souvent plus — parce que le produit devient moins cher et est plus utilisé. Cet effet rebondLes gains d'efficacité sont compensés ou annulés par une consommation accrue. Exemple : Une voiture plus économe est conduite davantage, car la conduite devient moins chère. selon Seidl dévore environ la moitié de tous les gains d’efficacité.

Un vrai découplage n’a pas eu lieu. Seidl : Les émissions de la Suisse baissent — mais elles devraient diminuer dix fois davantage pour atteindre les objectifs de ParisAccord climatique international de 2015 visant à limiter le réchauffement climatique à moins de 2 °C. Pour la Suisse, des réductions beaucoup plus drastiques seraient nécessaires que ce qui a été réalisé jusqu'à présent. . En ce qui concerne la consommation totale de ressources, il n’y a aucune baisse : elle continue de croître, juste un peu moins vite que l’économie.

La croissance zéro ne résout pas les problèmes de répartition — elle en crée de nouveaux. Scheidegger apporte un contre-argument politique : si l’économie ne croît pas, la prospérité doit être redistribuée. Cela crée des conflits politiquement plus difficiles à résoudre que la régulation écologique.